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Erasmus Mundus, passeport pour l'emploi

Erasmus Mundus, passeport pour l'emploi

Les étudiants européens vont pouvoir bénéficier de bourses, pour suivre entièrement un master ou un doctorat dans un autre pays membre de l'Union européenne. Un cursus international qui plait aux recruteurs.

 

Nouveau dispositif. Après Erasmus, le célèbre programme de la Commission européenne qui permet aux étudiants européens d’effectuer une partie de leurs études dans un autre Etat membre, voilà Erasmus Mundus. A partir de la rentrée 2010, Bruxelles va accorder aux étudiants, mais aussi aux actifs, de l’Union européenne de préparer entièrement un des 116 masters et 13 doctorats, élaborés pas des consortiums d’en moyenne cinq universités et écoles, issus d’au moins trois pays européens, sélectionnés par la Commission pour leur excellence académique.

Nouvelle phase. Lancé en 2004, Erasmus Mundus avait été conçu, au départ, pour attirer les étudiants européens hors de l’UE. Cette nouvelle phase vise plutôt à favoriser l’européanisation des cursus. Au total, près de 900 bourses devraient être attribuées pour un montant maximum de 23 000 euros sur deux ans, auxquels s’ajoute la prise en charge des frais d’inscription. Axés sur l’international, les cursus Erasmus Mundus se déroulent uniquement en anglais. Par ailleurs, l’étudiant doit passer une partie de sa scolarité dans au moins deux pays différents de celui dans lequel il a obtenu son dernier diplôme. A la fin de son parcours, il se voit remettre un double diplôme ou un diplôme conjoint des différentes universités dans lesquelles il a étudié.

Domaines pointus. Ces formations touchent aux sciences dures et aux sciences humaines, mais peuvent aussi concerner des domaines pointus, comme le vin ou la santé. Les étudiants bénéficient d’intervenants internationalement réputés, grâce à des bourses qui permettent aux consortiums de faire venir des universitaires de haut vol. Les entreprises ne s’y sont pas trompées. Certaines se sont déjà associées aux consortiums, ce qui leur permet notamment de participer à la sélection des candidats, d’intervenir dans les formations et de proposer des stages. Si des entreprises, comme Sanofi-Aventis, Nokia ou Thomson, s’intéressent autant à ces cursus, c’est parce qu’ils répondent à leurs besoins. " Avant de créer le master, nous avons réalisé une étude de marché sur la demande du business intelligence et identifié qu’il y avait une attente très forte dans ce domaine ", explique Abdelkader Zighed, professeur et coordonnateur du master Data mining and knowledge management à Lyon 2, auquel se sont associés Capgemini Ouest, Yahoo Espagne ou encore Exalead.

Profil international. Le profil international des diplômés séduit également les recruteurs. " C’est un nouveau profil de diplômés. Chaque formation n’accueille pas plus de deux boursiers de la même nationalité ", rappelle Emmanuelle Gardan, responsable du programme Erasmus Mundus à l’Agence 2e2f*. " Même des juniors peuvent être confrontés à la gestion de projet international, soulève Natalia Spartakova, jeune russe diplômée des relations internationales à Saint Petersbourg et titulaire d’un master Erasmus Mundus European Culture, actuellement en poste en Allemagne chez ICUnet, une entreprise de conseil en projets interculturels. Or, durant la formation, nous avons appris à tous travailler ensemble. "

* Agence Europe-Education-Formation France