Et si l'entreprise devenait bienveillante ? - Apec.fr - Recruteurs
 
Impliquer vos managers

commentaire (0) | lu 364 fois | publié le 02/01/2017

Et si l'entreprise devenait bienveillante ?

Et si l'entreprise devenait bienveillante ?

Face à un monde en crise, au manque de repères et à la montée de l’individualisme, la notion de bienveillance fait son chemin en France. Une clé de réussite qui lie bien-être des salariés et performance des entreprises.

 
Appliquée à la GRH, la bienveillance consiste à encadrer ses équipes en y intégrant l’écoute, l’échange et la collaboration. Un management où le souci de l’autre et la sollicitude sont reconnus comme des valeurs essentielles. « Attention à ne pas voir dans le management bienveillant un concept naïf, voire un peu mièvre, précise Xavier Cornette de Saint Cyr, consultant et coach en management1. Les temps sont durs et la pression sur le travail est devenue forte. Dans ce contexte, faire preuve de respect et d’empathie est tout simplement devenu crucial pour la qualité de vie au travail. Le management bienveillant n’est pas un concept bisounours mais plutôt une attitude pragmatique, doublement focalisée sur des objectifs de performance et de bien-être. »

 
Exit le management par le stress

Dans un monde professionnel aux méthodes plutôt directives, voilà qui questionne bon nombre d’habitudes managériales. « Les managers ne peuvent plus se contenter de chercher des résultats à court terme en mettant la pression sur leurs équipes et en leur fixant des objectifs inatteignables, affirme Philippe Rodet, médecin urgentiste2. Ce mode de management par le stress est rentable dans un premier temps : les collaborateurs ont peur du chef et produisent plus.
Mais à long terme, il s’avère très destructeur : les salariés se désinvestissent, voire tombent malades. » Le stress régulier au travail touche 55 % des salariés et 64 % des managers, et le premier levier de motivation pour 41% des salariés est le simple fait d’avoir un travail, de ne pas être au chômage3. « Si l’on veut avoir des collaborateurs motivés, il est essentiel de faire en sorte que leur niveau de stress soit le plus bas possible », poursuit Philippe Rodet, théoricien de l’interaction entre stress et motivation. Un management bienveillant crée un taux d’engagement plus fort des équipes, avec des collaborateurs bien dans leur peau, rassurés sur leurs compétences, et dotés d’une bonne estime d’eux-mêmes.
Chaque partie prenante en sort gagnante. L’entreprise, grâce à une forme de « retour sur investissement », et le collaborateur en termes de reconnaissance et de bien-être.
« Il y a urgence à redonner l’envie aux salariés. Sans motivation, l’efficacité collective est illusoire », insiste de son côté Yves Desjacques, directeur des Ressources Humaines de Casino. Convaincu de longue date des effets du bien-être sur la performance, le groupe a engagé sous son impulsion une démarche de management bienveillant conçue autour de huit leviers de motivation : donner du sens ; fixer des objectifs au bon niveau ; cultiver la liberté d’action ; oser la gratitude ; entretenir l’équité ; prodiguer des encouragements ; reconnaître ses erreurs ; et cultiver l’optimisme. À ce jour, 4 000 managers ont déjà participé aux formations au « management bienveillant ».
Pour s’assurer de la durabilité du dispositif, une newsletter est régulièrement communiquée aux managers, et une application sur smartphone vient même de voir le jour.

 
76 % des salariés sont satisfaits du climat social dans leur équipe

 

Un levier d’attractivité

De plus en plus d’entreprises s’intéressent désormais au sujet. Et nul besoin d’être une start-up pour mettre en place une culture managériale innovante. « Le management bienveillant va dans le sens des attentes des jeunes actifs français, souvent moins intéressés par la rémunération que par la façon de pouvoir travailler : en confiance, dans l’équité et sans autoritarisme mal placé », souligne Yves Desjacques. Un levier d’attractivité particulièrement efficace lorsqu’il s’agit, pour une marque employeur, de recruter de nouveaux talents dans un secteur en tension.

1 Auteur de L’empathie, un chemin vers la bienveillance, éditions Jouvence, à paraître en février 2017
2 Auteur de Se libérer du stress : un médecin urgentiste raconte, Éditions Eyrolles, 2010
3 Climat social et qualité de vie au travail, Baromètre de l’observatoire Cegos, novembre 2016


La bienveillance, ça consiste en quoi ?

La bienveillance, c’est d’abord le respect de chacun. Dire bonjour à ses collaborateurs, s’intéresser à l’autre tout en respectant sa vie privée, lui donner l’envie de progresser et de se surpasser. Un manager bienveillant sait susciter l’envie, il donne de l’autonomie et des objectifs justes ; il n’hésite pas à remercier et à féliciter ; à reconnaître ses erreurs et à demander des retours sur son management.
Il sait écouter, encourager en cas de difficultés, rassurer dans les périodes de crise… Ce n’est pas un confident mais son rôle est de faire en sorte que son équipe aille bien et ait envie de travailler.


 

Article publié dans Apec RH #20, le magazine de l’Apec.
 

Couverture d'Apec RH 20


Pour plus de renseignements, contactez-nous par mail : apecrh@apec.fr


Des services pour vous accompagner

Marque employeur

Les ateliers Pratiques RH Construire sa marque Employeur

Communiquer votre marque Employeur pour vous positionner et vous différencier sur le marché de l'emploi

» En savoir plus

Conseils

Repères RH

Cernez vos enjeux stratégiques pour mieux piloter vos ressources humaines

» En savoir plus