« Ce que j’aime dans mon métier, c’est le contact avec les jeunes. Même s’il faut savoir prendre de la distance avec cette souffrance, je ne m’épuise jamais car, quelque part, ils m’apportent autant que je leur apporte. » - Apec.fr

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Temoignages

lu 0 fois | publié le 07/12/2016

Témoignage · « Ce que j’aime dans mon métier, c’est le contact avec les jeunes. Même s’il faut savoir prendre de la distance avec cette souffrance, je ne m’épuise jamais car, quelque part, ils m’apportent autant que je leur apporte. »

Valérie Lepan, Psychologue, IME Le Bois fleuri

Valérie Lepan est psychologue clinicienne depuis 1998. Titulaire d’un master de psychopathologie à l’université Lille III, elle a souhaité poursuivre son apprentissage pour s’ouvrir à d’autres approches. « Les thérapies familiales, comportementalistes, la psychanalyse, etc. J’ai toujours continué à me former en fait. J’ai fait un master supplémentaire en Belgique, puis une formation psychanalytique jungienne en étant salariée, et un CIF en 2012 pour devenir art-thérapeute. Comme j’étais souvent à quart-temps au début, j’ai voulu en profiter pour faire des formations complémentaires et avoir plus d’outils… ».

Ce cursus riche et diversifié l’a conduite quelques années plus tard à l’IME Le Bois fleuri, qu’elle a intégré en tant que psychologue à temps partiel puis à temps plein. La structure est imposante : 150 jeunes handicapés accompagnés, plusieurs chefs de service, une trentaine d’éducateurs (éducateurs spécialisés, moniteurs-éducateurs, AMP), 2 médecins psychiatres et 4 psychologues, dont 3 à temps partiel. Sous la responsabilité directe du responsable de la structure, Valérie Lepan s’occupe plus particulièrement de l’accompagnement des 50 jeunes en internat, âgés de 5 à 23 ans. Une grande diversité d’âge pour autant de troubles et d’actions curatives associées. « On a vraiment un large public : il y a des jeunes qui ont des troubles de l’attachement, des troubles du comportement, des carences affectives, des troubles envahissants du développement, qui sont autistes… C’est très large, c’est pour ça qu’on ne s’ennuie jamais. » Pour les accompagner, elle met en place des prises en charge personnalisées selon le trouble et la personnalité de l’individu : entretien classique, co-animation de groupe avec un éducateur, dialogue via un support créatif, enveloppement sonore, balnéothérapie, relaxation en salle Snoezelen multi-sensorielle (en coopération avec la sophrologue ou la psychomotricienne de la structure), etc. L’arrivée d’un nouveau pensionnaire est également un moment important au cours duquel elle intervient : « On fait une visite de préadmission, pour faire connaissance avec le jeune, lui présenter la structure. Il rencontre alors la chef de service, le directeur, puis le médecin psychiatre et la psychologue, ensemble. Ensuite, je le verrai de manière plus ponctuelle, selon son projet thérapeutique. »

En plus de l’accompagnement concret des jeunes dans son bureau ou en salle dédiée, Valérie Lepan passe une part non négligeable de sa semaine à « gérer l’administratif » (renouvellement des dossiers à la MDPH, orientation des adultes vers d’autres structures) et à participer à des réunions d’équipe. « Aujourd’hui par exemple, c’est réunions tout l’après-midi. 14h-15h30 : réunion avec une partie des équipes d’internat. 15h30-16h30 : réunion de projets pour les jeunes. 16h30-17h30 : réunion avec les équipes d’externat, qui ont besoin d’un éclairage psy sur un jeune interne. 17h30-19h : réunion thérapeutique avec tous les psys, le médecin psychiatre, la sophrologue, la psychomot… » Ces temps d’échange collectif sont extrêmement importants pour organiser son travail et accompagner les équipes.

Malgré son emploi du temps chargé, Valérie Lepan parvient à préserver quelques heures pour « se documenter sur le public accueilli, faire des recherches sur Internet, aller à des conférences… ». Elle revendique la nécessité de ce temps DIRES (Documentation information recherche élaboration supervision) pour tout psychologue, afin d’actualiser ses connaissances d’une part, et d’ouvrir son champ de vision au-delà de la structure d’autre part. La formation est en outre une activité qui l’attire pour diversifier sa carrière dans les années à venir. « Je donne une formation une fois par an à l’IRTS sur les troubles psy, sur mon temps privé. C’est super nourrissant. Alors pourquoi pas animer d’autres formations ou des ateliers d’art-thérapie un jour, en parallèle du travail en structure, en me mettant en autoentrepreneur ? ».