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commentaire (0) | lu 1123 fois | publié le 15/06/2016

Le MOOC, nouvel allié des recruteurs

Au-delà de leur fonction première de formation, les moocs sont de plus en plus utilisés par les entreprises à des fins de recrutement. D'abord dans une logique de sourcing. Et demain, peut-être, comme de vraies plateformes d'emploi.

MOOC. En l’espace d’à peine deux ans, ces quatre lettres ont trouvé leur place dans le registre lexical des départements RH. Mooc, pour Massive Open Online Courses : des cours produits par des universités ou des plateformes spécialisées et accessibles gratuitement en ligne.

 

Le MOOC, nouvel allié des recruteurs

 

Des contenus ancrés dans une logique professionnelle

Les services recrutement des entreprises se montrent de plus en plus curieux face à cette nouvelle génération de plateformes d’apprentissage. Et pour cause, à l’heure où la notion de compétence est revendiquée comme l’épicentre de l’employabilité, où les approches déployées par les recruteurs prennent de plus en plus compte des parcours de formation sur le long terme, difficile de ne pas voir dans le mooc un puissant allié potentiel des dispositifs de recrutement.
Pour preuve, les intitulés de nombreux moocs ancrent d’emblée leurs contenus dans une logique professionnelle. « Innovation par le design thinking », (École centrale de Lyon et EM Lyon Business School), « Décision, complexité, risques » (Centrale Lyon, VetAgro Sup, Sciences-Po Lyon, CNSMD et ENS), « L’entrepreneuriat qui change le monde » (Essec), « Le commerce omnicanal pour transformer la relation client » (ICD international Business School)… De quoi séduire les recruteurs. Pour Perrine Grua, directrice générale France et Pays-Bas d’Aquent, cabinet de recrutement international spécialisé dans les métiers du marketing et de la création, le mooc est tout simplement un passage obligé. « Nous recherchons pour nos propres clients des talents qui, eux, ne sont pas en recherche. Ce sont des profils curieux, désireux de se former aux compétences émergentes et adeptes des méthodes agiles pour le faire. Pour attirer de telles compétences, les approches traditionnelles du recrutement n’opèrent plus. » Aquent a donc créé il y a trois ans sa propre plateforme de moocs, qui compte aujourd’hui 12 programmes de 50 heures de perfectionnement aux compétences digitales, avec certificat à la clé. « Le mooc permet d’attirer et de tester. Il nous a semblé nécessaire de proposer un parcours conçu comme un parcours de sélection, avec test d’entrée et examen final. C’est non seulement un argument de crédibilité auprès de candidats experts et donc très exigeants, mais c’est aussi pour nous et nos clients un filtre de qualification des meilleurs profils », développe Perrine Grua.

 

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Valeur relative des certificats

Mais ne nous y trompons pas, les certificats de moocs ne sont pas encore reconnus officiellement (même pour les contenus produits par des universités) et sont pour l’heure un levier de monétisation pour les producteurs. Car si les cours en ligne sont gratuits, les certificats, eux, ne le sont pas. Quelle que soit la durée des cursus, les examens ne durent le plus souvent qu’une ou deux heures et sont rarement corrigés par des examinateurs. L’évaluation reste l’apanage des algorithmes. Lorsqu’il s’agit de noter des QCM, des textes à trous ou des réponses numériques, l’automatisation peut suffire. Les métiers de la finance, de la comptabilité, du codage digital entrent ainsi facilement dans ce type de configuration. Mais s’il faut sanctionner des compétences, où les ressorts comportementaux pèsent au moins autant que les savoirs techniques, les automates s’avèrent beaucoup moins pertinents. En outre, la facilité du recours à la tricherie lors des évaluations limite la valeur des certificats.
Il n’empêche, plus les moocs se développeront dans les pratiques de recrutement, plus les certificats, même privés, prendront une réelle valeur sur le marché de l’emploi.

 

Le MOOC, nouvel allié des recruteurs

 

Éclosion du cooc, version « privée » du mooc

Lancé par Orange en partenariat avec Pôle emploi, le mooc « Devenir Web conseiller » a donné lieu pour sa première édition à 240 certificats. Une dizaine de « certifiés » se sont vu proposer de suivre une formation supplémentaire, en présentiel cette fois, dispensée par l’opérateur. « Le mooc est un outil particulièrement adapté aux métiers à forte tension, car il permet aux employeurs d’orienter les contenus au plus près de leurs besoins d’emploi », note Thierry Curiale, directeur marketing, e-éducation et mooc d’Orange.
D’où l’éclosion de moocs propriétaires et intra-entreprise, appelés coocs pour Corporate Open Online Courses. Initialement développés à des fins de montée en compétences de leurs propres salariés et de mobilité interne, ces coocs pourraient bientôt commencer à s’ouvrir à des inscriptions externes, dans une logique assumée de recrutement.

 

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Révéler et qualifier les comportements

L’inscription à un cours en ligne par un candidat potentiel est déjà en soi un facteur précieux de qualification de son profil. Sur le plan technique bien sûr : métier ou compétences visés, niveau effectif d’expertise… Mais aussi – et c’est sans doute le grand atout de l’outil - sur le plan comportemental. « Avec l’automatisation des processus de recrutement, les candidats se sont habitués à poster leur CV en un clic. Dans un tel contexte, accepter de consacrer des heures à se former pour faire acte de candidature, c’est un marqueur non négligeable de différenciation », avance Franck La Pinta, praticien de la transformation digitale des entreprises.
Car tous ceux qui ont tenté l’expérience le savent : un mooc, c’est un engagement qui requiert du temps, de la disponibilité, de l’organisation, de la persévérance. « Même si c’est gratuit, même si cela n’engage à rien — et peut-être justement parce que cela n’engage à rien —, le fait de s’inscrire à un mooc atteste de trois dispositions majeures et fortement recherchées par les employeurs : la curiosité, la volonté et l’autonomie », souligne Frédéric Mischler, consultant en ressources humaines d’Humaineo.

 

Le MOOC, nouvel allié des recruteurs

 

Un creuset pour le sourcing de compétences collaboratives

Et que dire de la richesse d’informations délivrées par l’analyse du parcours d’apprentissage ? La personne inscrite est-elle allée jusqu’au bout du programme ? En combien de temps ? En combien de séances ? Et surtout, comment s’est-elle appropriée la dimension collaborative de l’outil ? Car un mooc est fondamentalement une plateforme d’interaction : avec les autres inscrits, avec son groupe de travail, avec l’équipe pédagogique...
« Les cadres de demain devront au moins autant faire preuve de communityship que de leadership. Et le mooc est le meilleur endroit pour repérer la capacité des gens à partager des informations, animer un réseau, travailler de manière collaborative », souligne Thierry Curiale. Au-delà de sa finalité première de formation, le mooc constitue un creuset particulièrement riche d’identification de compétences comportementales adaptées aux nouveaux usages collaboratifs.


 

Article publié dans Apec RH #18, le magazine de l’Apec.
 

Couverture d'Apec RH 18


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